Sans jugement et sans injonction : à quoi ça sert de mesurer, et ce que ça change de savoir où on en est.
Faire le point, ce n'est pas chercher à savoir si vous êtes « addict ».
Entre une consommation occasionnelle et une dépendance, il existe de nombreuses situations
intermédiaires. La quantité consommée compte, mais aussi la fréquence, les circonstances,
la difficulté à s'en passer et les conséquences sur la santé ou la vie quotidienne. Faire
le point permet simplement de savoir où vous en êtes.
Mesurer, parce que notre perception n'est pas toujours
très précise. Avec le temps, une consommation peut devenir une habitude et
paraître « normale » parce qu'elle s'est installée progressivement. Compter pendant quelque
temps les verres d'alcool, les cigarettes ou les consommations de cannabis permet d'obtenir
un repère plus objectif. Des questionnaires validés peuvent également aider à repérer une
consommation susceptible de présenter un risque, sans pour autant poser à eux seuls un
diagnostic de dépendance.
Comprendre aussi à quoi ça vous sert.
Une consommation n'est pas seulement une quantité. Elle peut permettre de se détendre, de
faire une pause, de faciliter les relations sociales, de calmer une émotion, de diminuer
momentanément l'anxiété ou d'aider à s'endormir. Identifier ce que le produit vous apporte
permet de comprendre pourquoi il peut être difficile de modifier certaines habitudes et, si
vous le souhaitez, de chercher d'autres moyens d'obtenir le même effet.
Parce que ce qui aide à court terme peut parfois coûter
à plus long terme. L'alcool ou le cannabis peuvent donner l'impression de
faciliter l'endormissement tout en perturbant ensuite la qualité du sommeil. La nicotine
peut procurer une sensation d'apaisement, alors qu'une partie de ce soulagement correspond
à la disparition temporaire du manque. Selon le produit, la consommation peut aussi avoir
des effets sur l'humeur, l'anxiété, la concentration, la mémoire ou la santé physique. Ces
effets varient selon les personnes, les quantités et les habitudes de consommation.
Savoir où vous en êtes ne vous oblige pas à
arrêter. Faire le point peut conduire à décider de ne rien changer pour le moment,
de réduire certaines consommations, d'observer ce qui les déclenche, de se fixer des
limites ou de demander de l'aide. Réduire peut déjà avoir un intérêt, même lorsque l'arrêt
n'est pas envisagé. L'objectif est de pouvoir faire un choix plus éclairé plutôt que de
laisser l'habitude décider à votre place.
Quand est-il utile d'en parler ?
Lorsque vous consommez davantage que vous ne le souhaitiez, avez besoin d'augmenter les
quantités pour obtenir le même effet, avez déjà essayé de réduire sans y parvenir,
consommez pour pouvoir dormir ou fonctionner, ou lorsque votre consommation commence à
entraîner des conséquences sur votre santé, votre travail ou vos relations. Votre médecin
peut en parler avec vous et, si nécessaire, vous proposer un accompagnement adapté.
Parler de sa consommation ne signifie ni être jugé, ni devoir
immédiatement arrêter. Mesurer permet d'abord de rendre visible une habitude, de comprendre
la place qu'elle occupe et de retrouver une marge de choix. Savoir où l'on en est, c'est
déjà une façon de reprendre la main.
Cette fiche ne remplace pas un avis médical. Si votre situation vous inquiète,
parlez-en à un professionnel de santé.